24 mai 2008

le terrain vague

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j'habite en face d'un terrain vague aux palissades blanches
j'ai écrit un texte un jour intitulé le terrain vague de mon âme, une histoire de vague à l'âme vaguement bleu qui finit bien

hier j'ai vu un autre terrain vague, celui de Mourad Merzouki ; Mourad Merzouki est un poète...
on va me dire mais non Mourad Merzouki est un grand danseur et un grand chorégraphe, je répondrai oui... donc c'est un poète... il a fondé la compagnie Käfig en 1996


Terrain vague par la compagnie Käfig c'est magnifique...

...ce que dit Mourad Merzouki aussi :"Pour créer mon spectacle, je suis parti d'un lieu : le terrain vague. Une certaine nostalgie me lie à ce type d'endroits où chacun peut venir en toute liberté, construire, détruire, jouer, créer. Un endroit de passages, de rencontres, de vies...Considéré habituellement comme un non-lieu dans un paysage urbain divisé et concentré, où le sentiment d'étouffement domine, le terrain vague est aussi pour moi comme une bulle d'air, une respiration en dehors de toute contrainte extérieure. Un lieu où la vie s'insinue avec ses codes et ses règles propres, un lieu de tous les possibles..."



(photo: marylou viennel)

20 mai 2008

l'amour (en vinyle)...

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...comme anagramme de mon nom j'aime beaucoup je dois dire...

alors une chanson :


je lui dirai je lui dirai je lui dirai...
il a fait de cette chanson la chanson de l'intention perpétuelle...

c'est beau

c'est beau mais c'est triste

Quand j'entends cette version des mots bleus par Bashung, immanquablement je pense à cette phrase de Calaferte ( "un hypothétique point de jonction" dans ébauche d'un autoportrait si je me souviens bien):

"Y aura-t-il ailleurs de paisibles lieux de retrouvailles...

pour toutes ces rencontres manquées, en obtiendrons-nous réparation ou ne sommes nous à jamais voués qu'au décevant jeu de prismes des intentions ?"

18 mai 2008

la vie

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"la petite fille qui n'a pas encore peur d'avoir mal"

(photo:marylou viennel)

les pensées

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"je pense à toi" (photo:marylou viennel)


mes pensées pour toi
comme des pensées après l'orage

belles et persistantes

01 mars 2008

la lumière

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Plante

Créature filipendule
Massif rocailleux
Je m'en vais
Faire mon "back to black"
Et après
Voir de plus près la lumière
(Peut-être)

l'affliction

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la formule de mon affliction

C'est un deux qui change tout, qui fait la différence, la main dans l'épinier et ne pas s'en remettre, c'est un deux qui provoque la fission atomique, le point de fixation d'où la lézarde fuit, c'est un deux dans l'eau lourde que ne contient pas l'eau, ²H2O dans mes yeux, oxyde de deutérium, le corps à la renverse, fourmille la formule de mon affliction.

l'inconnu

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"au fond de l’inconnu pour..."







Pourquoi ce désir d'y aller quand même ?
Peut-être à cause de ça :

le coeur

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ab imo pectore...

... poussée en saillie sur le mur de mes réticences.

toi

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"avec toi j'irais partout (n'importe où)"
moi, Pensée du premier mars



"tout au bout"

l’horizon de ma levée d’écrou

Synecdoque de Toi je rêve qu'elle est douce et forte de ta force le deuxième attribut, sensuelle en sentinelle au bord de l'inconnu au bord rouge écarlate de l'astre consumé, je l'attends sur ma joue sur ma bouche je l'attends qui me dise je la vois qui se tait et le silence qu'elle fixe alors même qu'elle s'entrouvre dans la démesure de sa beauté - frontière inaccessible encore, "encore" qu'elle me le dise cette tentation première à donner le vertige, saut de l'ange au-delà de tes mots alignés, mon envie d'elle a grandi au son de tout l'imprononcé, qu'elle se nourrisse à mes gouffres je veux qu'elle me fasse expirer, je la regarde horizon de ma mise à l'épreuve au bout je la regarde et je te vois Toi l'horizon de ma levée d'écrou.

lèvres scellées pour dire


d'une béance à l'autre et au milieu le vide tout entier contenu dans une main tendue par un corps invisible et qui n'est pas le tien ; mais lèvres scellées pour dire et le silence est plein comme une note lointaine à l'évidence d'un la : nos langues se rencontrent et se mélangent tièdes et assurent nos présences, nous devenons nos langues, ma langue douce autour, contre ta langue douce, tu sais ma robe rouge je sais le moindre geste que tu as envers moi, quelques pensées plus loin, toujours à travers langues, trouver tes bras liquides c'est me blottir contre
toi



(main tendue vers le ciel au dessus d'une boîte à musique
par Made à Roubaix)

28 novembre 2007

eroné

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eroné qui a créé les dessins de couverture de Dans les bordures et La ligne de suture vague

vient de mettre son nouveau site internet en ligne :
http://erone.grphk.free.fr/


la grâce... comme d'habitude.

toucher

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"Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre. C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots. Mon langage tremble de désir. L'émoi vient d'un double contact : d'une part, toute une activité de discours vient relever discrètement, indirectement, un signifié unique, qui est "je te désire", et le libère, l'alimente, le ramifie, le fait exploser (le langage jouit de se toucher lui-même) ; d'autre part, j'enroule l'autre dans mes mots, je le caresse, je le frôle, j'entretiens ce frôlage, je me dépense à faire durer le commentaire auquel je soumets la relation."
Roland Barthes, "L'entretien" in Fragments d'un discours amoureux

(Dessin de Christèle Vandewiele)
de loin

je m'en veux mais j'envie
la tasse que tu portes à tes lèvres
tout ce que tu portes
à même la peau l'eau qui te lave
et l'air...
et puis tu sais j'envie chaque étoile
que tu regardes en face
voilà c'est dit j'envie
tout ce qui te
touche
de près

le rouge

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"Toi rouge ardent,
Jusqu'à la mort
Mon amour te ressemblera,
Jamais ne pâlira,
Jusqu'à la mort,
Toi rouge incandescent,
Il te ressemblera."
Karoline von Günderode, Rouge vif (traduit de l'allemand par Olivier Apert)


photo de Marylou Viennel

rouge transfert sur ta peau de mon coeur dans le creux de ton cou et dans le creux là sous et au dessus de ton coeur, vermillon trace sur ton corps d'un émoi converti cramoisi écarlate à cause d'un tout petit quelque chose qui m'a touchée en plein...coeur viré pourpre tout gonflé quand il en fut surpris...

la robe

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"Quand elle défait sa robe, l'homme se tait.
(...)
Le ciel et la mer, ce jour, sont de même chair. Peut-être
l'horizon est-il la ligne de partage de l'âme. L'homme
pèse à son prix le désastre qui le tient rivé à ses rêves, une
écume quelconque sur la bouche, dans l'entre-deux
du bleu et de l'azur."
Jean-Michel Maulpoix, tiré de "Dernières nouvelles de l'amour" in Une histoire de bleu


photo de Marylou Viennel
Ma robe déboutonnée gît dentelle sur le sable et sous la pleine lune c'est la grande maline marée haute abattue et le monde se soulève si tu plonges les mains sous, tu vois mon grain de beauté j'ai le même sur le ventre, si tu plonges dans l'eau chaude moi je me précipite.

l'exil

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"(...)
que ferai-je quand tout cela sera ensemble
j'y serai une eau mêlée à l'eau
je me reconnaîtrai
ne sachant plus la différence
moi qui ai déjà tant d'illuminations de toi
un album d'immobiles et je veux une continuité
je n'écrirai plus à toi c'est toi que j'écrirai
je te disséminerai dans les mots où je me rassemble
mes regards pour se vêtir remonteront de leur exil vers toi."
Henri Meschonnic,tiré de Dédicaces proverbes


"Tout au fond de mon exil en moi"
Photo de Marylou Viennel à partir d'un dessin de Christèle Vandewiele


Au commencement de tout j'ai fini par m'exclure et je vis tout au fond de mon exil en moi, tout en douceur je fonds sur mon silence interne. Mais quelquefois je tente de revenir au monde et je deviens plus lourde d'un remords et qui s'ancre parce que j'ai voulu vivre. Et même plus lourde de ça je ne fais rien pencher, ni la terre ni le banc sur lequel je m'assieds ni ta tête ni la coque du navire qui me fait chavirer.

les écailles

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Paru le 17 octobre 2007 aux perceurs de fors éditions
Panoramas d'écailles
en collaboration avec le photographe Xavier Mathieu

Livre d'artistes photo-poétique conçu par Xavier Mathieu et Marylou Viennel et réalisé à 20 exemplaires numérotés par les perceurs de fors
Voir la page sur le site des perceurs de fors :
http://www.lesperceursdefors.com/panorama.htm

Extraits :

. un tourbillon deux tourbillons . je
vole il faudrait que je nage .
j’entends naître mon néant . je me
suis noyée dans les flots .


. la terre est constructible . on érige
poteaux autour et grue au centre .
petite fourmilière et la fatigue déjà
d’être humain .

30 septembre 2007

la pulpe

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"Tu as spontanément envie de la toucher. Tu l'effleures, la caresses, lui donnes des chiquenaudes, la pinces, la palpes. Tu mets les mains sur Venise.
Tu t'appuies aux parapets des ponts. Les balustrades du pont du Rialto sont polies par des millions de mains : signe que toi aussi tu es en train d'emporter quelques molécules de pierre. Elles restent accrochées à la pulpe de tes doigts, dans le sillon de tes empreintes digitales."
Tiziano Scarpa, Venise est un poisson


"emboîtages" : photo de Marylou Viennel

Tes os rencontraient la glène de mes os, l'on s'emboîtait comme la sterne parfois à cet altostratus.
Emersion-fin de ton éclipse et émersion de mon immersion ; pas glissés de surfaces émollientes l'une vers l'inflexion de l'autre.
Tu devenais l'infixe de ma peau, la pulpe de mes mots.
(j'ai fait ce rêve)

27 septembre 2007

créer

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"...nous nous sommes prouvé que nous étions capables d'ajouter aux richesses de l'heure présente. Nous ne sommes pas des esclaves, obligés de recevoir incessamment sans se plaindre d'insolents coups sur leurs nuques inclinées[...] Nous sommes des créateurs. Nous venons de créer quelque chose qui ira rejoindre les innombrables constructions du passé. En ce moment où nous mettons nos chapeaux et où nous poussons la porte, nous ne pénétrons pas dans le chaos, mais dans un monde que notre force peut subjuguer..."
Virginia Woolf, Les vagues


(Photo de Marylou Viennel)

Je déborde
j'ai débordé à force
j'ai débordé à force d'être sensible
à toi.
Ca ne me laisse pas tranquille.
J'étais plane calme et paisible, de tes doigts tu as troublé mes eaux. Pourquoi as-tu mis la main dans l'eau ? car en créant la vague tu as créé le creux.
J'ai débordé.

la porte

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"Elle éprouva bien un choc après avoir ouvert la porte, mais ce ne fut pas pour les raisons qu'inventèrent ensuite les faiseurs de ballades et les historiens. Elle éprouva un choc parce que la porte donnait sur un escalier dont la volée de marches descendaient vers un paysage baigné de soleil- vision inattendue sur quelque monde que ce soit.[...] La simple vérité, c'est qu'une femme solitaire passa par une mystérieuse porte. C'est tout. Le reste n'intervint que par la suite."
Cordwainer Smith, "La dame défunte de la ville des gueux" in Les seigneurs de l'instrumentalité I (Les Sondeurs vivent en vain)



(Montage de photos de Marylou Viennel)

Je me contente de sourire. Rien de plus. Même en état d'arrestation je me contente de sourire. Même dans l'agonie je souris. Et mon beau sourire détourne les regards de mon âme et de l'eau de mes yeux. Je souris à cause des portes. Parce que derrière une porte peut se trouver un astre ou un paysage salutaire. Alors tous ne voient de moi que mon sourire. Mais toi tu as lu mon âme trempée jusqu'aux os et tu ne veux plus croire que je souris. Si tu ouvrais cette porte tu verrais derrière l'inconnu l'invisible ce que tu n'as jamais vu, toute une contrée à découvrir mon sourire...

26 septembre 2007

les colonnes

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"Son toit lance des éclairs
Et recouvre une immense galerie
Capable d'accueillir une foule immense
Sous des poutres dorées
Dans une forêt de colonnes marbrées
La populace vient ici vénérer ses rois
Et ignore ce qu'il y a derrière."
Sénèque, Thyeste, 623-629.

Je t'ai érigé un périptère mais il y a péril en péribole. Ses seize colonnes hier pétrifiées ploient et plient à mesure que je périclite. Perfide, un coup de couteau au clitoris d'Octavie pour avoir Poppée ce n'était pas la peine (Poppée sait-elle ce qui l'attend ?). Il pleut : adéquation.

Mais je vois déjà des fleurs aux feuilles perfoliées en profiter comme passiflore en pergola pousser et fournir du sens à la plaie. Un paradis naîtra peut-être sur mes petites ruines.
Consolation.

la neige

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"Alors que je regardais ce cercle, des flocons de neige isolés semblèrent voleter dans mon imagination, soulevés par l'air qui la traversait, certains se posaient, d'autres s'élevaient et retombaient comme un voile devant mon visage, ou bien comme un ruban de souffle que je poursuivais- que je voulais attraper et garder dans un petit gobelet en carton."
Laura Kasischke, Un oiseau blanc dans le blizzard

(Photo de Marylou Viennel)

Abrasion, la peau qui pelle et le sang
innocence compilée dans la solution saline
parce que tous les sourires sont des fabriques à rêves
à la fin
l'échafaud
mais surtout ne pas
ne pas retomber dans
la neige
ne pas
ne pas s'affaisser plus que ça
ne pas
ne pas jouir de l'arrêt
ne pas jouir au creux
ou dans la cuisse
ne pas fusiller l'artifice
ne SURTOUT PAS tuer la mort vive.

Contagion, tout fuit, même le corps
mon corps fuit
alors éponger la fuite
et fuir plus profond

et regarde :
sublimée la neige fond

l'enfer

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"Du ciel à l'enfer on m'a secoué, concassé, écorché !
Sans compter que je ne suis pas doué pour voir le pittoresque de l'aventure.
Ce n'est pas très juste."
Jean Giraudoux, Ondine

(Photo de Marylou Viennel)

De mues en moi

De farandoles en fille au sol, de solutions extrapolaires, de l'eau de l'eau c'est l'eau, c'est en faisant mon lit de tous ces blancs battus en terre ou sensoriels comme le baiser que j'eus donné et puis repris non échangé, de l'artifice à l'étincelle puis de l'étoile à l'essentiel, d'allers-retours en raccourcis c'est en faisant machine arrière que je me dis et si et si, c'est agréable au demeurant mais j'ai mangé la belladonne ou l'ancolie dis-je à l'ondine, cornée au bout c'est en deux tomes, c'est bon c'est bon en le sachant, c'est même très bon si j'y prends goût, de la mer morte à l'Amérique, de la rive gauche à l'Orégon, des yeux qui pleurent en sinusites, un beau sourire un beau sourire... les falbalas et les volants ça ne plaît pas à la sorcière, j'en fais des tonnes encore des tonnes, tellement envie de lui déplaire, je te maroufle tu fais des bulles et le savon et tu te terres et tu te tais et ça me serre, il va falloir ou bien je tombe, il s'en faudra d'ailleurs de peu que tu maugrées tu es tout mauve, c'est imbuvable je te renvoie, je te revois mais c'est trop tard, l'instant d'après n'est pas pareil, et ton profil... je le déforme, en la matière je suis profane mais si j'essaie, calcul mental, du vaisselier au guéridon, je tourne en rond, indubitable, du sable chaud au roide carrelage, je suis pieds-nus... la plage pourvu que tu t'y fasses.
Et du silence en silences je prends un siège, je m'assois, celui-là en l'état. De décomposition en extrême malfaçon. Ca c'est un trou. Et je t'accroche au mur du fond, comme tu es beau...bien encadré, si je t'entoure de tous mes soins, un beau sourire un beau sourire...
De mues en moi, de muse en reine, de l'hydre en l'or, de mire à belle, de pluies en pluies, de pire en pierre, du paradis non c'est l'enfer.

le réveil

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"Oui, c'est la vie. Apres le jour, la nuit livide.
Après tout, le réveil, infernal ou divin.
Autour du grand banquet siège une foule avide ;
Mais bien des conviés laissent leur place vide,
Et se lèvent avant la fin."
Victor Hugo, "Fantômes" in Les Orientales

(Photos de Marylou Viennel)

L'étoile de mer

Je nage sur le dos pour pouvoir te voir dans le ciel parce que sans le vouloir toi tu y es déjà dans le ciel. Moi je m'évanouis c'est l'issue de mon âme, transparente même à la loupe parce que l'air m'atomise.
Invisible mais sur le dos je t'entendrai toujours. Tu peux me parler bas, tous tes chuchotements m'assignent à vivre en rêve.
Mais crie-moi fort tous tes renoncements l'impossible et la sécheresse et alors le réveil.
(même si de l'autre côté je m'élance)

les morceaux

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"Mes flots unis à ses vagues détachent une terre qui ne formait qu'une contrée et en font autant de morceaux que tu aperçois d'Echinades au milieu des ondes. Cependant, comme tu le vois toi-même, il y a las-bas, las-bas, isolée dans son éloignement, une autre île qui m'est chère ( les matelots la nomment Périmèle )." Ovide, Les métamorphoses VIII

(Photo de Marylou Viennel)

Mes larmes en pépites

J'essaie d'oublier que mon corps n'est qu'une réserve de larmes. Tous les jours j'essaie et j'y parviens grâce aux ressources de ma sueur alchimique. Mes larmes en pépites tous les jours j'y parviens... Et puis un matin tu apparais...attiré par ma sueur alchimique...et tu aspires mon âme et moi j'expire ta peine, ta peine ne fait plus bloc ta peine je la morcelle ta peine bouts de peine ta peine éclats de peine ta peine poussière de peine et alors tu t'en vas,
tu n'es plus là.
Je me remets à transformer toutes mes larmes en pépites, en perles de pyrite en onyx calciné en galène rosée en tendre fluorite
...toute seule et salée...du liquide au solide...

La vie

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"La différence cette fois tenait à la certitude que demain, lorsque la souffrance m'accablerait de nouveau, ou le jour suivant -en tout cas dans un avenir pas tellement lointain- je me retrouverais contraint de juger que la vie ne valait pas la peine d'être vécue et du même coup de répondre, pour moi-même du moins, à la question fondamentale de toute philosophie."
William Styron,
Face aux ténèbres

(Photo de Marylou Viennel)

Le cœur englouti

Le coeur a dessalé il a bien bu la tasse au fond de la ravine
le coeur a grimacé de ses valvules affaissées
dans le creux de la gorge
le coeur se grime souvent mais le coeur
englouti ne cache plus ses plaies
le coeur crie au fond
le coeur lourd de ses petits craquements
a cru bon de croire fort
que quelqu'un allait passer l'entendre
et lui tendre un filet
de voix grave ou un fil élastique
ou un filin cramé pour que le noeud serré
cesse enfin de couler
le coeur craint pour sa vie le coeur cogne
cogne contre
mais les bords ronds battus par l'eau dure sont trop lisses
le coeur a grossi le coeur grouille de crabes carnassiers
le coeur est dilaté et puis le coeur éclate
et le coeur éclabousse le liquide hivernal
où il était plongé.

faire corps

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"Elle était là, seule et tranquille, contemplant la mer ; puis lorsqu'elle eut senti la présence de Stéphen et son regard d'adoration, ses yeux se tournèrent vers lui..."
James Joyce, Dédalus

Faire corps

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5 août 2007 "Faire corps" texte de Marylou Viennel
lecture de Marylou Viennel devant la mer du Nord


Aujourd'hui je t'ai contemplée
et j'ai fait corps
avec moi-même
parce que l'eau coule dans mes veines
et que toi tu coules dans mon sang
je roule loin je me fracasse je me rehausse
puis je reviens
parce que tu coules dans mon sang
je te contemple je me dénude
et je fais corps avec moi-même
tes remous sont mes soupirs
et la lune noire à l'annulaire
je m'arrondis et puis je coule
jusqu'à faire corps avec moi-même.

07 juillet 2007

les écailles

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Paraîtra bientôt aux perceurs de fors éditions Panoramas d'écailles, un livre d'artistes fruit d'une collaboration avec le photographe Xavier Mathieu. Le livre a été conçu par nous et sera imprimé et réalisé à la main en 20 exemplaires par les perceurs de fors.


27 mai 2007

Mes jours sont des ratures, je n’existe que dans la persistance de toi. Et le sol se dérobe, je marche déjà de biais de paysages fendus en visions disparates. Le bois flotté qui coule et du possible à l’impossible il ne reste qu’un pas que je fais de travers dans un espace temporel exponentiel : les heures ne passent plus puisqu’à présent elles se dressent entre moi là et toi là-bas : des heures verticales jouent aux cubes vers le ciel mais ça ne m’amuse pas. Je tourne en rond autour du cube pendant que ma vie se déguise en absence de toi.


Je me LOVE dans La ligne de suture vague qui paraît le 1er juin !



avec une illustration de couverture et une illustration liminaire d'Eroné




Pour le commander : www.lesperceursdefors.com/lalignedesuturevague.htm

23 février 2007

la suture

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La ligne de suture vague paraîtra début juin 2007 aux perceurs de fors éditions. En voici l'argument :

"L'amour, le désir, le désamour, le désordre amoureux, le manque d'amour, le besoin d'amour, la preuve d'amour, le transport amoureux, le oui, le non, les intermittences du coeur, l'AMOUR TOUJOURS... en 44 mots doux de Marylou Viennel."


C'est surtout pour moi un défi d'écriture : ma propre tentative poétique d'épuisement - en 44 textes de forme brève et dense - d'un thème rebattu, rabaché, resucé remâché recraché jusqu'à l'écoeurement parfois et par tant d'autres. Un thème-prétexte, un thème-contrainte que j'ai choisi pour la difficulté qu'il impose (tant il peut conduire au cliché et au mièvre) pour qu'il pousse mon écriture dans ces retranchements et plus loin la recherche sur le langage.



Extrait :

L’ESCALE
Vers l’exigu, vers le point, le petit, vers le Rien : il n’y a jamais rien eu, il n’y aura jamais rien. Je te regarde en face en forme de fantasme, sans jamais que tu saches ni ma censure diurne, ni les étreintes, les effleurements nocturnes dont tu n’es pas avare :
vers l’ambigu, vers le plein de mes escales cervicales – espace du potentiel où je nous réalise :
vers l’épuisement de toi, de tous tes toi support de ma virtualité,
comme si tu y étais
(dans la vie tu m’ignores).


"fleurs cueillies_coeur flétri" par Deux oiseaux dans le blizzard


22 février 2007

le chantier

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Nouveau texte en chantier intitulé En découdre. J'en délivre ici un extrait :

désamorce en moi l’envie
de quitter une pièce exiguë
pour une autre
place banalisée où pousse une verdure
qui hurle synthétique
quand je la touche en travers
ça pleure dans ma peau

déclinons nos deux corps
dans toutes les positions
déménageons

décidons ensemble
de l’angle où nous allons mourir
de honte

falsifions le réel
pour le rendre plus vrai que nature
nous aurons l’illusion
de l’illusion de l’illusion
dormons – c’est ça : dînons

dérivons puisque je déambule

c’est un drame
non c’est une tragédie
non un drame
non une tragédie

un dénominateur commun à la dispute disons

drôle d’endroit drôle d’idée

déridons-nous rions gondolons
donne-moi ça (ça ne se mange pas)

de manège c’est reparti pour un tour
de manège c’est reparti
pour un tour

désenclume mon âme
de l’amertume
arrache-moi l’épine
que tu m’as clouée
au pied
de cet édifice bas
fais-moi un petit tas de pierre

dessine-moi à l’envers
glacée
sur du papier blanchi
comme je me vois dans chaque surface
sablonneuse
un reflet à coefficient élevé
sur l’échelle du balbutiement
puis abandonne-moi
abandonne l’image
et trouve ma réalité

démenotte-moi
dansons
délivre-moi

démoniaque le petit chaperon
rouge ma robe

dis-moi oui
et puis non
dis-moi non

défais-toi de l’habit que tu portes
en public
qu’une à une les miettes soient franchement étalées
- la pelure est hostile à toute intimité -
pour qu’humide parce qu’en croisière
je circule sur ton muscle
que je roule tout en bas
en soufflant dans ton cœur

17 février 2007

L'errance

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11 textes extraits de La ligne de suture vague à paraître bientôt aux perceurs de fors éditions sont publiés dans la nouvelle revue de la création littéraire alternative "En attendant l'Or".




En vente en librairie ou sur internet

Plus d'informations sur la revue ici et

04 janvier 2007

l'amour (toujours)

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Amour à mort

Si tu me cloues
au sol
si tu me croix oblique
si à mots couverts tu me parles
d'amour la tête dans ma nuque
la main sur mon sein nu
je me liquéfierai mon coeur gonflé à bloc
mon coeur gonflé se moque de l'ancienne retenue
pourvu que j'aie l'étreinte
pourvu que tu me serres
jusqu'au tout dernier souffle
qu'extasiée je t'enlace pendant que tu m'embrasses
et qu'arrive en éclats
la mort douce et sucrée de mon âme étoilée.

Le tableau de Nada ci-dessous m'a inspiré ce texte.

diptik de Nada, acrylique sur planche, 2006
(http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=113554033)

28 décembre 2006

le plomb

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Tu te mets à penser à cette photo de Sarah Moon : trois oiseaux comme en ombres chinoises dans un ciel gris plomb volent vers un futur (meilleur ?) qu'indique un panneau qu'illumine l'EXIT. Et juste après te reviennent en mémoire quelques vers d'un poème de Norge que tu croyais oubliés :
"Le savez-vous chez ce peuple d'oiseaux,
La mode fut qu'on se coupât les ailes
[...]
Quant à chanter, le fait devint si rare
Que pour finir, on se coupa la gorge."
Tu en conclus qu'aujourd'hui ton cerveau divague vers le pire et tu remets à plus tard ton envie de sortir.


"Dans le cristal, du plomb" : amalgame de Deux oiseaux dans le blizzard

23 décembre 2006

le souci

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"Vu l'importun souci, qui sans fin me tourmente,
Et vu tant de regrets, desquels je me lamente,
Tu t'ébahis souvent comment chanter je puis."
Joachim du Bellay, Les Regrets

"Derrière la tuile les soucis" : jeu de mots de Deux oiseaux dans le blizzard


Désencombrer ma tête
des vieux
soucis en strates
de l'anxiété en vrac
accumulée
et qui la charge à bloc.
Faire place nette pour le pire
qui veut toute la place
le haut de la pile Non
ou alors je chavire.
Mais c'est un crève-coeur :
chasser l'espoir, lui dire va-t'en
fuir l'improbable
(et demander pardon).

21 décembre 2006

le souffle

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"[...] je te langue
je te nuque
je te navigue
je t'ombre je te corps et te fantôme
je te rétine dans mon souffle
tu m'iris

je t'écris
tu me penses"
Gherasim Luca, "LA FIN DU MONDE prendre corps" in Paralipomènes

"Le souffle et la flamme" : éteignoir de Deux oiseaux dans le blizzard


Un souffle dans mon cou, je suis dans un courant d'air (frais) qui me lancine, alors autant me jeter à l'eau. Dans l'eau froide passer l'hiver...
Pourrais-tu te pencher un peu plus sur le bord pour que ton souffle chaud arrive mieux jusqu'à moi, me pousse loin, fasse en sorte que je n'aie plus à poser le pied ni à battre des bras ? Peux-tu faire ça ?
Ne m'oublie pas je vais geler et gelée à quoi m'aura servi de m'être jetée (à l'eau).

15 décembre 2006

les cheveux

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Ma voix est sans écho et je suis fatiguée. Quand je suis fatiguée mes cheveux poussent plus vite (mais pas mes ongles heureusement : l'ongle qui pousse plus vite est un présage de mort, c'est ce qui se dit évidemment on n'est pas obligé d'y croire, d'ailleurs si ça se trouve c'est moi qui le dis et j'ai tout inventé...)
et je suis triste aussi (et là je n'invente pas)
assez proche du bois silicifié.
Mon coeur saute
toujours sur la même rayure.

"Quand nous reverrons-nous ? Quand le goût terreux de tes lèvres reviendra-t-il à nouveau frôler l'anxiété de mon esprit ? La terre est comme un tourbillon de lèvres mortelles. La vie creuse devant nous le gouffre de toutes les caresses qui ont manqué." (Antonin Artaud)

parce que

"lorsque nous nous regardons
la distance s'ouvre les veines" (Paul Eluard)

alors

"tournons la tête." (Pierre Reverdy)

"Les cheveux de Marylou mêlent le fin, le feu, le flou." : photo de Deux oiseaux dans le blizzard

02 décembre 2006

le violon d'Ingres


Entre deux lignes je crée de petites natures mortes jamais grandeur nature, jamais plus vraies que nature.

27 octobre 2006

la solitude

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"Dans les rues de la ville il y a mon amour
[...]
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand
méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse."
René Char "Allégeance" in La fontaine narrative

"la solitude 99" : dessin de Christèle Vandewiele
édition spéciale à paraître le 29 octobre 2006 à l'occasion des deux ans des
perceurs de fors


Même un sourire, même un baiser, même un regard , n'aurait pu troubler ce jour-là ma solitude. J'étais toute à la réduction de mon schisme intérieur. Je travaillais dessus (avec acharnement) munie d'une pelle je dois dire adéquate et disposant du temps que je vivrais sur terre. Pourtant le trouble advint. Annoncé uniquement par un léger déplacement d'air, le trouble advint, un trouble saharien quand un papillon doucement s'est posé sur ma main.

29 septembre 2006

le monde

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"Je pensais toujours à ma terrifiante expérience, quand j'avais vu le monde entier étalé devant moi. vivre cela était une chose, mais le comprendre en était une autre."
Christopher Priest, Le monde inverti

"La création du monde" par Deux oiseaux dans le blizzard


De l'espoir assouvi il ne reste plus rien. Alors je fais la moue aux corps immergés. Mon coeur a dégonflé. Je ne ressens même plus un petit renflement. Dégonflé complètement. Je n'avais pas misé ma plus belle bille en verre mais ça ne veut pas dire que je n'y croyais pas. Du jour au lendemain. J'étais partie nager. Est-ce que l' eau m'a lavée des derniers frôlements ? Plus un seul soubresaut. Cela faisait pourtant des mois que le monde c'était toi et que le monde entier s'étalait dans mon coeur jusqu'aux mailles de ma manche.

le cerf-volant

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"Où sommes-nous hélas ? Nous plus que jamais libres,
Cerfs-volants au fil arraché, hors équilibre,
Filons à mi-hauteur et le vent nous déchire."

Rainer Maria Rilke, Sonnets à Orphée, XXVI


"Deux cerfs-volants volant" : photo de Deux oiseaux dans le blizzard


J'étais vraiment petite. On me dit "cerf-volant". Pendant plusieurs semaines on me dit "cerf-volant" et je m'imaginais déjà dans l'espace aérien cotoyer les nuages et bien sûr les oiseaux. Un jour on me dit "cerf-volant" et on prit bambou kraft et ficelle et on fabriqua devant moi le fameux cerf-volant et moi je me disais ça me paraît fragile, même si je suis légère voudra-t-il me porter ?
Il ne me porta pas et en moins de trois secondes le vent le déchira.
Plus tard (bien plus tard) l'Amour me consola.

24 septembre 2006

le souvenir

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"On me cassa en deux, cela me fit horriblement mal, mais la fleur fut mise dans un meilleur pot... et je fus jetée dans la cour, je suis là comme un vieux tesson... mais le souvenir, lui, je ne peux pas le perdre."
Andersen "La théière"

"Dans le blizzard" : photo-souvenir de Deux oiseaux dans le blizzard

Le souvenir de toi sûrement le plus vivace est le souvenir du jour où je t'ai rencontré. Dans un courant d'air frais la première impression, une douceur pour mon coeur, un frisson et encore je ne raconte pas tout, depuis je t'ai perdu et les souvenirs de toi je les compte par centaines, si j'ai des souvenirs c'est bien que j'ai vécu (tout ce qu'on a vécu) et les souvenirs, eux, je ne peux pas les perdre.

22 septembre 2006

la fenêtre

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"Notre isolement ultime et notre mort solitaire tiennent sans doute à notre condition humaine. Mais ce soir, debout ici tout seul, j'ai tellement envie de contact que je pourrais lancer mon poing à travers la fenêtre."
Hanif Kureishi, Intimité

"A travers la fenêtre" : photo de Deux oiseaux dans le blizzard

Moi je n'y lancerais pas que le poing à travers la fenêtre, la tête le cou le corps entier, mais avant je l'ouvrirais car je n'aime pas les coupures (ça fait de ces cicatrices qui ne racontent pas d'histoire), surtout qu'une fois dehors je préfèrerais te plaire (car je t'aurais trouvé) ; ce serait dommage que 12 ou 13 gouttes de sang puissent te faire fuir et qu'autant d'acrobaties pour une caresse de toi ne m'apportent à la fin que quelques courbatures.

26 août 2006

la nuit

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"Je préfère, encore une fois, marcher dans la nuit à me croire celui qui marche dans le jour."
André Breton, Nadja


"la nuit noire" : reconstitution de Deux oiseaux dans le blizzard


Livide tu relis les pages vierges de ton journal intime sans te soucier du temps qui passe. Hélas à corps perdu, le visage impavide, tu enfonças le clou sur des tracas infimes et un pas de trop vers lui t'aura poussée dans ton lit vide, le coeur criblé de flèches en forme de mots creux, en forme de mots-crimes - cible vivante et convulsive jusqu'au bout de la nuit.

16 août 2006

la réalité

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"Le théâtre est la seule réalité. En tout cas, il n'y a pas d'abstraction
possible, ni de métamorphose, ni de métaphore, ni de métaphysique. Il y a
l'Homme. C'est chaque fois une révélation."
Blaise Cendrars, Emmène-moi au bout du monde

"la réalité" : mensonge de Deux oiseaux dans le blizzard

Je n'étais pas là mais pas ailleurs. J'étais une autre, entièrement l'autre avec ses propres problèmes, ses propres interrogations surtout, son chat, sa vie, ses amours, son histoire, son désespoir parfois, ses goûts, ses envies... C'était elle la réalité, moi le personnage dans les limbes d'une fiction pas encore inventée. Aujourd'hui je me réincarne (en moi-même).

04 juillet 2006

l'oeil

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"Quand je mourrai, que l'on me mette,
Avant de clouer mon cercueil,
Un peu de rouge à la pommette,
Un peu de noir au bord de l'oeil."
Théophile Gautier, "Coquetterie posthume" in Emaux et camées



"la prunelle de mon oeil" : lecture d'âme par Deux oiseaux dans le blizzard


Oui un peu de noir sur le bord extérieur pas waterproof qui puisse couler quand je rirai mon oeil plissé à la mémoire d'une glace rompue et de ton oeil à toi rivé sur moi enfin (presque trop tard... pas tout à fait)

25 juin 2006